Que vous connaissiez déjà ou non le domaine de l’hypnose, cet entretien pourrait bien vous surprendre. En effet, Patrick Aich pratique une méthode d’hypnose et d’auto hypnose tout particulière. Explications…

Alexis

Avez-vous conçu votre propre méthode ? Si oui, pouvez-vous nous la décrire ?

Patrick Aich

Ma méthode est le mode « conversationnel ».

L’un des plus grands principes des thérapies brèves et de repérer avec une très grande précision l’objectif à travailler. Lors de mes accompagnements en hypnose ou autre, je travaille principalement en mode conversationnel dans le but de repérer un indice clé lié à la problématique (sans pour autant rechercher la cause de celle-ci).

En mode conversationnel, il s’agit avant tout de savoir écouter et observer très attentivement ce qui se dit, mais surtout, de bien faire attention à la façon de cela est formulé.

C’est la raison pour laquelle j’utilise une stratégie très précise dans ma façon de questionner, de recadrer, de faire des liens ou des allusions, des métaphores ou d’utiliser des anecdotes bien spécifiques, etc., ce qui me permet de repérer les réactions inconscientes de la personne, comme par exemple, les jeux de mots involontaires, les sous-entendus, les mimiques, l’ennui, l’interrogation, etc. Dans cette façon de faire, je communique volontairement beaucoup d’informations au conscient, tout en travaillant de façon « invisible » avec l’inconscient.

C’est ensuite qu’intervient le travail « officiel » sous hypnose. La plupart du temps, le travail conversationnel a déjà fait son effet et l’utilisation de l’hypnose a simplement pour objectif de consolider ce travail à un niveau inconscient.

Alexis

Êtes-vous avant tout praticien, ou enseignez-vous plutôt aux autres praticiens ? Que ce soit l’un ou l’autre… pourquoi ce choix ?

Patrick Aich

En tant qu’auteur d’un guide spécialisé et destiné aux professionnels des thérapies brèves et du coaching (Guide des Protocoles Hypnose pnl) il m’arrive assez souvent de recevoir des praticiens pour les accompagner en supervision. Maintenant, mon activité principale s’effectue avec des personnes qui viennent me consulter pour régler leur problématique.

Alexis

Une thérapie est souvent considérée comme étant longue par nature. Vous parlez de thérapies brèves. D’où cela vient-il ?

Patrick Aich

Ce qui rend la thérapie « brève », c’est le fait que le travail est orienté, non pas vers la cause du problème mais vers la solution à mettre en place.

Dans une thérapie classique, l’accompagnant recherche principalement les raisons du problème par une analyse consciente de l’histoire de la personne, ce qui peut parfois être efficace mais beaucoup plus long.

Dans cette approche, bien souvent hélas, la personne qui finit pourtant par comprendre consciemment ce qui lui arrive, reste démunie et ne peut accéder au changement.

En thérapie brève, il s’agit de travailler sur le processus plutôt que sur le contenu. A l’origine des thérapies, nous pensions qu’il fallait absolument comprendre consciemment quelle était l’origine d’un symptôme pour pouvoir s’en libérer. Aujourd’hui, nous savons bien que l’inconscient lui-même est à l’origine de celui-ci puisque c’est lui qui l’a créé comme solution de survie, faute de mieux. Et puisque cela vient de l’inconscient, nous n’avons pas besoin de l’esprit conscient pour effectuer le travail de changement.

Lorsque nous agissons sur le processus plutôt que sur le contenu, nous accédons directement au programme interne du cerveau, un peu comme l’informaticien qui agit directement dans le programme du disque dur de l’ordinateur, sans ce soucier de ce qui se passe à l’écran. 

Il m’est déjà arrivé d’accompagner des personnes vers le changement, sans toutefois savoir réellement ce pourquoi elles venaient.

J’ai souvenir d’une adolescente qui était venue me voir en me disant :

« J’ai un mal-être important en moi…ce mal-être vient de quelque chose de grave que j’ai fait il y a quelques années, mais je n’ai pas envie d’en parler ici car j’ai peur que vous me dénonciez à la police ! ».

Nous avons donc travaillé sur son mal-être dont elle s’est libérée au cours de notre séance, sans que je ne sache exactement ce qu’elle avait fait de si grave !     

Alexis

Quels éléments peuvent-ils définir qu’une thérapie sera brève ou longue ?

Patrick Aich

Justement les éléments que je viens juste d’évoquer. Dès lors que le thérapeute axe son travail vers la recherche de solutions et qu’il reste bien focalisé sur le processus et l’inconscient, la thérapie sera brève.

Ainsi, les résultats pourrons se faire ressentir après seulement une à quelques séances, là où la thérapie classique prendrait plusieurs mois ou plusieurs années.

Alexis

Pourriez-vous nous conseiller un exercice simple d’autohypnose ?

Patrick Aich

Dans un premier temps, il s’agit de bien déterminer ce que l’on souhaite obtenir, comme par exemple, la détente, la confiance, l’énergie, etc. puis de bien garder cette intention en tête.

Ensuite, l’un des moyens les plus simples est de se concentrer sur tout ce qui arrive au niveau de nos cinq sens. Par exemple, tout en ressentant notre respiration, nous pourrons rester conscients des différents bruits qui nous entourent, prendre également conscience des odeurs de la pièce où nous sommes, voir ce qui se trouve devant nos yeux, ou dans notre imagination si nous gardons les yeux fermés, etc. A ce moment là, nous entrons dans l’état hypnotique. Si la consigne a bien été donnée au départ et que l’intention d’arriver à l’état désiré est bien présente, l’inconscient va progressivement aller dans ce sens.    

Alexis

Quelle est la mécanique de l’auto-hypnose ? Comment cela fonctionne-t-il ?

Patrick Aich

Le principe de l’état d’hypnose consiste à mettre l’esprit conscient en sommeil pour accéder aux ressources de l’inconscient (état d’hypnose).

Ainsi, l’esprit conscient est au ralenti. Cet état que l’on appelle l’état hypnotique, est en fait un état de lâcher-prise du conscient qui, habituellement analyse, doute, compare, etc.

Lorsque nous sommes dans un état hypnotique, nous entrons dans un monde d’images, de symboliques et de métaphores.

L’inconscient ne fait aucune distinction entre le monde réel et le monde imaginaire, ce qui signifie qu’il joue le jeu comme si cela était réel pour lui. 

Alexis

Qu’est-ce que l’hypnose Ericksonienne ? Quelles sont les différences entre cette « variante » et l’hypnose traditionnelle ?

Patrick Aich

Le mot « Ericksonienne » vient du Psychiatre américain Milton Erickson.

Cette forme d’hypnose est plus souple et plus permissive que l’hypnose dite traditionnelle.

Pour la plupart des personnes, le mot « hypnose », fait automatiquement penser au monde du spectacle où l’hypnotiseur est sensé utiliser son « pouvoir » en donnant des ordres à notre inconscient.

L’hypnose Ericksonienne a pour but de redonner de l’autonomie à la personne. Dans cette forme d’hypnose, nous restons libre d’accepter ou non les suggestions proposées. Pour exemple, alors qu’en hypnose traditionnelle, l’ordre sera donné à la personne de fermer les yeux, en hypnose Ericksonienne, nous pourrons dire à la personne qu’elle peut décider de garder les yeux ouverts ou les fermer si elle le souhaite.

De ce fait, celle-ci se sentira libre d’agir selon ses propres désirs, ce qui diminuera la résistance et favorisera l’accès à son inconscient pour le travail de changement.

Alexis

Utilisez-vous l’hypnose et l’auto-hypnose dans vos séances de coaching ?

Patrick Aich

Oui, même si cela n’est pas officiellement évoqué à la personne.

Lors d’une séance de coaching, il n’est pas question de parler ouvertement d’hypnose.

Malgré tout, toute communication est hypnotique.

C’est le fameux mode conversationnel dont j’ai parlé au début.

Alexis

On parle beaucoup du fait de se détacher des dépendances (alcool, tabac, jeu…) par l’hypnose. De quelles façons l’hypnose (et à fortiori l’autohypnose) agit-elle sur les dépendances ?

Patrick Aich

La dépendance s’installe pour compenser un manque à un niveau inconscient. Pour le dire autrement, nous recherchons à l’extérieur ce que nous n’avons pas trouvé en nous-mêmes. Le principe de l’hypnose consiste donc à « réveiller » les ressources qui existent chez la personne afin qu’elle se sente bien naturellement sans avoir besoin de s’aider d’un ingrédient extérieur. 

Alexis

Selon vous, d’où viennent nos dépendances en général ?

Patrick Aich

Comme je viens à l’instant de le signifier, la dépendance est une façon pour l’inconscient de recréer l’équilibre chez la personne, en cherchant à compenser à sa manière un manque.

L’inconscient agit dans l’instant présent, donc au niveau de la pulsion du moment. Si ce dernier considère à un moment précis que la personne n’a pas les ressources pour se sentir bien, il va l’inciter à compenser le manque depuis un élément extérieur.    

Alexis

Peut-on tout « coacher » dans sa vie ? Vie professionnelle, sentimentale, émotionnelle, spirituelle… ?

Patrick Aich

Par principe, ces domaines se chevauchent les uns aux autres. En travaillant l’un des domaines concernés, cela génère un rééquilibrage des autres domaines. Tout est interdépendant, ce qui signifie que l’on peut agir à partir de n’importe quel niveau.

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